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Les dernières tendances du marché immobilier à découvrir pour investir en 2024

Femme professionnelle de l'immobilier analysant des documents et plans dans une agence moderne avec vue sur la ville
5 min

Le marché immobilier français en 2024 a traversé une phase de réajustement marquée par la remontée des taux d’intérêt, un recul du volume de transactions et l’entrée en vigueur de nouvelles réglementations. Pour les investisseurs, ces mouvements redessinent les zones de risque et les poches d’opportunité, sans qu’un consensus clair ne se dégage sur la trajectoire des prix à moyen terme.

Loi Le Meur et location touristique : un cadre réglementaire durci

La tendance la plus structurante pour les investisseurs en meublé de tourisme est l’adoption de la loi n° 2024-1039 du 19 novembre 2024. Ce texte donne aux communes des leviers renforcés pour encadrer les locations de courte durée : enregistrement obligatoire, quotas, procédures de changement d’usage et possibilité d’abaisser de 120 à 90 jours la durée maximale de location d’une résidence principale.

Les copropriétés sont aussi concernées. La loi facilite la modification du règlement de copropriété pour interdire les locations touristiques, ce qui peut rendre certains actifs moins liquides du jour au lendemain.

Pour suivre l’évolution de ces réglementations et leurs conséquences sur les stratégies patrimoniales, les analyses publiées en immobilier sur Zenith Actu détaillent régulièrement les impacts concrets de ces textes sur les rendements locatifs.

Le DPE comme filtre d’entrée pour les meublés touristiques

Depuis le 21 novembre 2024, toute nouvelle autorisation de changement d’usage en métropole exige un logement classé de A à E au diagnostic de performance énergétique. À partir du 1er janvier 2034, le seuil se resserrera aux classes A à D, sauf exception liée à la résidence principale du loueur.

Ce calendrier crée un risque de dépréciation pour les biens classés F ou G destinés à la location saisonnière. Un investisseur qui acquiert un bien énergivore dans cette optique doit intégrer le coût des travaux de rénovation énergétique dans son calcul de rentabilité, sous peine de se retrouver avec un actif inexploitable à terme.

Investisseur immobilier devant un immeuble résidentiel neuf en ville tenant un smartphone avec des données de marché

Taux d’intérêt et prix immobiliers : où en est le rééquilibrage

La hausse des taux d’intérêt amorcée ces dernières années a réduit la capacité d’emprunt des acheteurs et pesé sur les volumes de vente. Les prix ont amorcé une correction dans plusieurs grandes agglomérations, tandis que certaines zones tendues ont mieux résisté grâce à un déséquilibre persistant entre offre et demande de logements.

Les données disponibles ne permettent pas de conclure que le point bas des prix est atteint. Les retours terrain divergent sur ce point selon les segments : l’immobilier résidentiel ancien en centre-ville suit une dynamique différente de celle des lotissements périurbains ou des biens neufs.

  • Les acheteurs disposant d’un apport personnel conséquent bénéficient d’un pouvoir de négociation accru, les vendeurs acceptant des décotes plus fréquentes qu’en période de taux bas.
  • Les investisseurs en locatif doivent recalculer leurs rendements nets en intégrant le coût réel du crédit, qui a sensiblement augmenté par rapport à la période 2019-2021.
  • Les villes moyennes attirent une partie de la demande déplacée depuis les métropoles, mais la profondeur du marché locatif y reste plus incertaine.

Conversion de bureaux en logements : un potentiel sous contraintes

La France compte plusieurs millions de mètres carrés de bureaux vacants. La conversion de ces surfaces en logements fait régulièrement l’objet d’annonces politiques, mais cette transformation ne résout pas automatiquement la pénurie résidentielle.

Les obstacles sont d’abord techniques. Un plateau de bureaux n’a pas la même configuration qu’un immeuble d’habitation : les réseaux (eau, évacuations, ventilation), la luminosité naturelle par logement et les normes d’habitabilité imposent des travaux lourds dont le coût dépasse souvent celui d’une construction neuve à surface équivalente.

Pour un investisseur, ce segment reste réservé à des opérateurs spécialisés capables de porter des projets complexes sur plusieurs années. Les particuliers qui s’y intéressent doivent vérifier la faisabilité réglementaire (PLU, avis des ABF en secteur protégé) avant tout engagement financier.

Deux professionnels de l'immobilier analysant ensemble des rapports de tendances du marché immobilier 2024 dans un espace de coworking

Tendances d’investissement immobilier : quels arbitrages en 2024

Le contexte de 2024 pousse à des choix plus sélectifs. L’époque où un bien acheté à crédit dans n’importe quelle ville générait mécaniquement de la plus-value grâce à la baisse continue des taux est révolue, au moins temporairement.

Location meublée longue durée ou saisonnière

Le durcissement réglementaire favorise la location meublée longue durée par rapport à la location touristique. Les loyers en meublé classique restent encadrés dans certaines zones, mais le cadre juridique y est plus stable et moins exposé aux modifications communales.

En revanche, la location saisonnière conserve un avantage de rendement brut dans les zones très touristiques, à condition que le bien respecte les nouvelles exigences DPE et que la commune n’ait pas instauré de restrictions supplémentaires.

Immobilier tertiaire : prudence sur les SCPI exposées

Les SCPI investies en bureaux font face à la hausse des taux qui pèse sur la valorisation de leurs actifs. Les parts de SCPI à forte exposition bureaux ont subi des baisses de prix ces derniers trimestres. Les investisseurs qui entrent maintenant achètent potentiellement à un prix décoté, mais le risque de vacance locative sur certains actifs tertiaires reste élevé.

Les segments santé, éducation et logistique affichent des fondamentaux plus résilients, portés par des tendances démographiques et des besoins structurels moins sensibles aux cycles économiques.

L’année 2024 n’offre pas de réponse unique aux investisseurs immobiliers. Le resserrement du crédit, le durcissement réglementaire sur les meublés touristiques et la revalorisation progressive du DPE comme critère d’investissement modifient durablement la grille de lecture. Chaque projet doit désormais intégrer le coût réel de la mise en conformité énergétique et la stabilité du cadre juridique local avant de viser un rendement cible.

Les dernières tendances du marché immobilier à découvrir pour investir en 2024